Nouvelles d'ici et d'ailleurs

Nouvelles d'ici et d'ailleurs

Créée le 23/08/2007 par E.J.B.
Espace d'écriture spécialement réservé aux nouvelles et textes courts mais aussi aux poésies et chansons, aux extraits de romans. Le tout étant inédit. De nombreux liens également vers sites, blogs et forums littéraires.

Textes (nouvelles) très court(e)s...

E.J.B. - Posté le 20/11/08 16:38

Niveau : Premium
8 messages

  Les yeux troubles

 

Elle avait les yeux troubles. Assise à la table d'en face. Des boucles en mèches effilées comme après une pluie drue. Mais il faisait soleil. Dehors.

Elle triturait une cigarette à filtre d'or, longue, tabac blond. Ne buvait pas son Schweppes indian tonic. Les jambes fines croisaient et décroisaient leur soie. J'entendais leurs frôlements de Dim en voile moucheté.

Elle ne voyait personne. Ignorait mon regard.

Je la suivais de l'ovale du visage à l'arrondi des épaules. Longeais le bras jusqu'à la main, les doigts entrouverts. Il fallait respirer, plus calme. Dominer. M'aligner sur son souffle perceptible aux mouvements réguliers de la poitrine sous le débardeur de coton fin. Frémissante.

Elle rejeta sur l'épaule une mèche, plus longue, plus blonde. Qui glissa, lente, et retomba, sur les yeux voilés. J'avais envie de me lever, d'avancer vers elle, de m'inviter à sa table. Je restais de béton. Coupé du bonheur. De la douceur paradisiaque. Du pays lointain.

Elle releva lentement la tête, resserra les paupières, juste un peu, et me fixa.

Elle avait les yeux troubles.

Alors, je remplis mon regard de toute la tendresse du monde, de tout l'amour de l'univers, je le portai jusque dans le bleu trop clair de ses lacs sans fond, je l'embarquai vers les espaces infinis où le temps n'a plus d'âge, je l'unis à ma peau jusqu'à la confusion totale.

Elle écrasa sa cigarette à filtre d'or, enfouit le paquet rouge et blanc en tâtonnant dans une pochette en jean, jeta négligemment quelques pièces sur la table, se leva et sortit lentement, repérant chaises, tables et porte du bout de sa canne blanche.

Ernest J. Brooms

http://www.broomse.com

 

Ernest J. Brooms "La nuit, les tournesols s'affolent... moi aussi!"

Roland Ivy - Posté le 21/11/08 17:51

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Short tale/tail


 

Rapport du commandant Ivy, mission d'exploration des planètes du secteur 4, cycle 746 du calendrier universel (consolidé par ordonnance du grand conseil)


Objet : Planète Terre (coordonnées : 54876-56 système delta)



De prime abord, la planète en question semble particulièrement accueillante, elle est dotée d'une atmosphère qui lui procure une température compatible avec la vie observée sous toutes ses latitudes avec des variations liées à la position relative par rapport aux pôles (très froids) et à l'équateur (chaud-humide). De nombreuses espèces (des plus primitives jusqu'à une branche hominidés arrivée au stade d'évolution 2 sur les 9 de l'échelle standardisée de Malthy) ont été observées ce qui témoigne d'un potentiel d'autonomie à son maximum pour peu que l'espèce dominante ne se fourvoie pas dans la gestion de ce capital.


Eu égard aux informations recueillies, le pôle scientifique de la mission s'apprêtait à proposer un classement de ladite planète dans le groupe le plus élevé (AA1++) jusqu'à ce qu'un phénomène inexpliqué se produise. En effet, sans le moindre signe avant-coureur, la surface de la planète s'est couverte de champignons présentant une forte radioactivité. Le phénomène, isolé dans un premier temps, s'est propagé sur la toute surface de la planète, provoquant par là-même un anéantissement total des ressources décrites supra.


Conclusion : Planète détruite dont les coordonnées sont à effacer de la base de données.


http://roland.ivy.over-blog.com/

 

Roland Ivy

Roland Ivy - Posté le 24/11/08 17:15

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Après les yeux troubles


Exactement le type de texte que j'aime. On se laisse embarquer dans les pensées, les délires, voire les fantasmes de ton narrateur qui se demande comment il se fait que la belle inconnue ne réagit même pas à ses oeillades et l'on découvre, juste comme lui, le pourquoi du comment. Ensuite, il fait quoi ? Il se lève, la suit, l'aborde ?

Roland Ivy

Roland Ivy - Posté le 24/11/08 17:16

Niveau : Privilège
42 messages

 

Les yeux troubles (bis)


Il n'a pratiquement pas fait de bruit lorsqu'il est arrivé et qu'il s'est installé à la table en face de la mienne. A son passage, j'ai pu reconnaître son eau de toilette. Exactement la même que celle de mon ophtalmo. Une eau à base de lavande, tenace mais très agréable. Je savais que c'était un homme avant même qu'il ne parle au garçon pour commander son café. Sa voix était claire, douce et forte à la fois. Il s'est montré particulièrement poli en s'adressant au jeune serveur.


Dans le brouhaha permanent de la salle à ce moment de la matinée, je me suis attachée à fixer mon attention sur lui tout en fumant. J'ai entendu qu'il posait un journal sur la table mais il ne l'a pas ouvert. Et puis aussi, il avait un sac assez lourd qui a fait un bruit métallique quand il l'a glissé sous la banquette.


De ma place, je n'ai pu discerner que quelques éléments sur mon voisin de table. Je peux vous dire qu'il a mis un sucre dans son café. Il l'a longuement remué avant de le boire, comme si ses pensées étaient occupées ailleurs. Il devait porter une espèce de gourmette qui heurtait le bord de la table dans ses mouvements lents et réguliers.


Vraiment, je ne peux pas en dire davantage. Non, je suis désolée, Monsieur l'inspecteur, rien de plus. J'ai ramassé mes affaires, j'ai réglé ma note et je suis sortie du café. J'étais à peine sur le trottoir quand l'explosion s'est produite.

Roland Ivy

Roland Ivy - Posté le 17/12/08 11:29

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Appel dans la nuit

Je gratouillais mollement dans le salon. Mes doigts couraient le long du manche quand mon portable s'est mis à vibrer sur la table. Un coup d'oeil sur le cadran. C'était Marie.

- Allo.
- ...
- Marie ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Il est parti.
- Il t'a dit quelque chose ?

Il y avait juste le souffle dans le combiné. Je percevais des sanglots étouffés.

- J'arrive.


Roland Ivy

Aelghir - Posté le 16/01/09 22:58

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9 messages

J’étais là, à griffonner sur mon parchemin. Soudain, sans prévenir, mon inspiration s’envola. Je fronçai les sourcils, secouai la tête, haussai les épaules, soupirai bruyamment, croisai et décroisai les doigts, me massai les tempes, amassai des jurons, bayai aux corneilles, bâillai à m’en décrocher la mâchoire, écrasai une fluburte qui... ! Par la mamelle gauche de Malagouenia ! Qu’avais-je fait ? Délicatement, je ramassai la fluburte pantelante et la déposai sur la feuille au trois quarts écrite. La pauvre avait vraiment mauvaise mine. C’était bien ma veine. J’avais confondu une fluburte avec une mite. Au temps pour moi qui croyais que les fluburtes étaient des mythes ! Comme les scrafouillards et les baragognes. Eh ben non ! J’en avais une devant moi. J’essayai de déterminer à quelle catégorie elle appartenait. Vu l’état dans lequel ma claque l’avait mise, ce ne fut pas le plus aisé des exercices mais j’y employai mon zèle en défroissant ses ailes pour en déchiffrer les emblèmes. Blême, j’identifiai les symboles du noumène des muses. Je venais de souffleter mon inspiration. Sous mes yeux impuissants, la fluburte expira.  Les mots qui noircissaient mon manuscrit disparurent en même temps qu’elle. J’étais maudit !
Vidotto X. - Posté le 14/02/09 14:00

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"J'irai craché sur ma tombe"

Allez, venez, on doit partir, on a plus rien a faire ici. Les gens sont cons, ils ne comprendront pas. On a fait notre temps, ne soyons pas inutiles, fesont nos bagages, je crois que je ne sais plus voir. Oublions le passé, qu'il n'influe pas sur notre avenir. Ne soyons pas comme ces gens, n'ayons aucune racine par ici, executons nous maintenant, demain il sera trop tard. Je ne veux pas devenir vieux, prend donc ton arme et ton cerveau, afin qu'ils se croisent durant notre voyage. Non, nous n'allons pas au paradis, ils ne voudraient pas de nous, et apres tout, nous ne voudrions pas d'eux. Ne pose pas de question, l'endroit n'est pas important, seul le voyage compte. Je te promet de ne pas t'oublier, la ou on va, il n'y pas de place pour les sentiments, les reves comptent beaucoup plus que ta nostalgie et tes regrets devastateur
.
[...]

J'ai vendu mon âme a mon stylo, j'esperais savoir ecrire en retour.

Petit extrait d'un de mes textes sur mon blog, surement l'un de mes préférés car tres plaisant a ecrire.
H. M. Gillen - Posté le 20/03/09 00:13

Niveau : Confiance
28 messages

Salut à tous et à toutes,

Du nouveau ce jour sur mon blog :
http://humour-humoristique.over-blog.com

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