Niveau :
Premium
4
messages
Voilà, je viens de recevoir un exemplaire tout juste sorti de l'imprimerie... Ce n'est pas ma première publication, mais l'émotion est quand même là. On ne peut manquer de s'interroger sur sa destinée. Un artiste n'est pas un commercial, mais la première question qui vient à l'esprit concerne évidemment le nombre des lecteurs... "Va-t-il trouver son public?", comme on aime dire dans le milieu... Et on se retrouve dans cette situation qui est un grand classique pour les jeunes auteurs: un premier tirage de 1000 exemplaires. Les chiffres sont là: l'espérance de vente est d'environ 300 exemplaires... Honorable, mais difficile de faire mieux sans le soutien des médias... Certes, si c'est un bon livre, on peut compter sur le bouche à oreille, mais celui-ci reste peu efficace et trop lent. Il y a tellement de publications que trois mois après la sortie, le roman est déjà obsolète... Il y a donc un impératif auquel doit se soumettre tout écrivain désireux de vivre de sa plume, c'est de se transformer en VRP de sa propre littérature. Pour bien des artistes, c'est vraiment se faire violence... Comme tous les artistes, amoureux des lettres, j'aimerais rester cloitré dans mon petit appartement avec mes milliers de livres, consacrer tout mon temps à l'écriture, mais je dois tout au contraire sortir, solliciter les journalistes pour qu'ils daignent faire un article sur moi, démarcher les libraires pour qu'ils mettent mon livre en avant, faire parler de mon roman... sans cela à quoi bon chercher à se faire publier... On ne peut se satisfaire de la certitude que le livre qu'on vient d'écrire est bon, c'est insuffisant dans un monde où le talent n'est identifiable que s'il passe à la télé... Je vais donc entamer ma longue, lente, et certainement douloureuse, pérégrination dans le monde de l'édition et de la publication...
Je suis l'auteur du Botticelli code!