L'atelier d'Annik
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Posté le 10/10/09 16:17
Niveau :
Privilège
97
messages
Oh comme ça fait plaisir de trouver ici un échange de cette qualité!
Merci pour votre intervention: je suis heureuse de voir revenir la vaguelette…
Peut-être les avez-vous déjà lus, j'ai parlé dans cet
article-ci et
celui-là des choix oprérés par les artistes en amont de leur création, mais je n'y ai qu'effleuré la notion de sujet. Votre éclairage est limpide et manque absolument dans mes textes.
Je suis aussi passée par la figuration, le dessin sur le vif, le "bien-faire": des années de dessin d'académie, de croquis de villes, de nature, par tout temps… Jusqu'à ce que je n'en puisse plus (après divers détours par le graphisme et l'expression pure, j'avais vraiment fait le tour…).
Désapprendre: rendre sa liberté à la pensée d'abord, à la main ensuite, n'est pas une mince affaire. J'ai dû repasser par tous les stades, depuis le pâté et le gribouillis, pour retrouver le fil de mes formes à moi. Mais je crois que c'est une lutte de chaque instant de maintenir le lien vivant entre soi et le support. Il est si simple de se laisser glisser sur la pente du savoir-faire… Il faut ruser: se contrarier, se surprendre, se charger de handicaps, pour contourner les brides diaboliques du contrôle du surmoi et de l'ego…
A mon sens, tout artiste parle de lui à travers ses créations, que sa peinture soit directement expressionniste ou non.
Même en peinture absolument figurative, classique même, ne serait-ce que par le choix du cadrage, de l'angle de vue, sans même parler du choix des couleurs et de la touche, le peintre parle de lui, de son admiration pour la nature, de son regard sur le monde de son désir d'exceller, de se comparer à ses pairs, etc. Le choix du «sujet» (on est plutôt sujet de sa propre expérience, je suis bien d'accord avec vous) n'est pour moi qu'un pré-texte, une entrée en matière, un garde-fou qui permet de conserver l'illusion d'une distance et d'une maîtrise de ce que l'on montre de soi.
J'aime beaucoup votre idée que le support est objet / fini, et le peintre sujet / infini. Pour ma part, j'entends ce terme comme in-fini, non fini, en devenir, en chemin, en un mot: vivant…
Je me réjouis aussi de lire la suite de vos réflexions qui promettent de m'être très enrichissantes et stimulantes.
A bientôt,
Annik
Textes sur les processus de création artistique * Art contemporain: créations au jour le jour * Ecrits vains