Philippe Elmette
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Posté le 23/04/09 20:45
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Bonjour à vous,
Puisqu'il faut bien y passer, et que je ne voulais pas consacrer un post juste à ça, je voulais me présenter et remercier Alaligne de m'avoir accepter dans cette communauté. My name is Philippe. Mon nom est Philippe.
Ma petite contribution pour les dialogues… La grande difficulté des dialogues, et tout leur art je trouve, est de dire ce qui n'est pas écrit. Si ce doit être du dialogue purement informatif, rien de bien compliqué, effectivement. Simplicité, idiosyncrasie et efficacité suffisent.
– De quelle planète viens-tu ?
– De la terre.
Mais pour moi, ça, ce n'est pas du dialogue. C'est juste une autre manière de faire passer de l'information, de façon « distrayante ».
Le « vrai » et le « difficile » dialogue, je trouve, c'est celui qui dit ce qui n'est pas écrit, donc. Ou qui en dit beaucoup plus.
– Je ne te hais point.
(qui euphémise le sentiment, et donc révèle toute la délicatesse de la psychologie du personnage)
ou
– Nobody's perfect.
(sans m'étendre, qui révèle par exemple en trois mots toute la relativité de notre perception du monde)
Et là, je pense qu'il faut se plonger au cœur du personnage, à la source de ses peurs, de son background, pour trouver la note juste, et celle qui raisonnera suffisamment pour tinter à l'oreille du lecteur.
Pour l'écrire (et ne pas en rester à la théorie), tu peux peut-être procéder en deux phases : dans un premier temps, écrire de façon brute ce que devrait véhiculer le dialogue en terme d'information (entendu qu'un dialogue est toujours un véhicule d'information, même quand c'est pour appeler à l'aide ou se plaindre).
Dans un deuxième temps, une fois cette phrase posée, te demander comment le personnage, dans cette situation donnée, pourrait le dire (en fonction de ce qu'il est, et du destinataire du dialogue).
Un exemple vraiment tout simple et très bête.
Paulo veut inviter Paula à une exposition, Paula n'a pas envie de sortir avec Paulo.
[Le Paulo explicite] Je voudrais que tu viennes avec moi à une expo, samedi.
[La Paula explicite] Je n'ai pas envie de sortir avec toi.
En fonction du personnage :
[Paulo 1] Tu fais quoi, samedi ?
[Paula 1] Plein de choses, mais sans toi.
[Paulo 2] Il faut que vous voyez ça. Je passe vous prendre samedi, à 10 heures. Aucun discussion possible.
[Paula 2] J'adorerais, vous le savez bien. Mais j'ai mon cours de yoga…
[Paulo 3] Je…
[Paula 3] Quoi ?
[Paulo 3] Non, c'est stupide.
[Paula 3] Tu le dis, ou merde ?
[Paulo 3] J'avais pensé que… On pourrait aller… je sais pas… samedi, une expo —
[Paula 3] Tu penses trop, mon pauvre Paulo.
Bon, je sais, c'est pas fameux, c'est jeté comme ça, mais j'espère que ça éclairera sur les possibilités.
Désolé pour ce post un peu long…
Bien à vous tous, et merci de m'accepter parmi vous,
Philippe
PS : et pendant qu'on y est dans les rectifications de précision sur la ponctuation

(quadratin etc.), il s'agit d'*une* espace insécable (l'espace est féminine entre deux mots, comme le vide qui maintient l'univers sur ses deux pieds).