FORUM -  LIBRE EXPRESSION

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Créée le 22/01/2009 par LADY MARIANNE
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Proccessus électorale en côte d'voire

abib dodo - Posté le 31/10/09 14:22

Niveau : Confiance
11 messages

IMPOSTURE

Ils sont arrivés, le 19 septembre 2002, comme des mousquetaires. Ils avaient des barbes à la Che Guevara. Ils disaient réclamer la démocratie, le respect de tous les droits du peuple. Ils disaient lutter contre l’exclusion, pour l’abrogation de la constitution d’Aout 2000. Ils disaient lutter pour le règlement de la question foncière rurale. En un mot, ils disaient lutter pour plus de justices sociales. Après ces déclarations de bonnes intentions, ils ont été accueillis en liesse par des masses souffrant d’une dictature rampante qui était entrain de s’enraciner. Ceux qui pleuraient leurs morts du charnier et autres anonymes ont cru avoir un peu d’apaisement et d’espoir en une justice. Ils se sont installés confortablement fort du soutien de tous ces naïfs. Ils ont exécutés 86 gendarmes comme pour annoncer les couleurs. Tous les abus décriés à leur arrivée sont repris à leurs propres comptes. Autant l’autre exécute des personnes sur simples dénonciations calomnieuses dans les territoires restés sous son contrôle, eux aussi font la même chose de l’autre côté "du rideau de fer". C’est la pensée unique dans les zones sous leurs contrôles. Aucune critique n’est tolérée. La règle, c’est que chacun nettoie tous ceux qui murmurent dans son propre camp. Les exécutions sommaires le sont par balles ou des personnes sont entassées dans des conteneurs jusqu’à ce que mort s’en suive, par suffocation.

Ils organisent le pillage des ressources. La forêt de teck de Tafiré est rasée en un clin d’œil. Eux aussi, ils étaient des obligés des margouillats pour ceux qui travaillaient tandis que les autres ne pouvaient pas s’offrir un œuf. Donc, ils vont piller toutes les banques et autres régies financières abandonnées. Ils font maintenant du négoce. Ils sont devenus exportateurs de cacao, de bois, de café, de coton, de métaux précieux…… via le Burkina Faso, le Mali et autres. Ils savent eux aussi organiser l’économie de guerre ! Voyez-vous ! Toutes les taxes qu’ils ont instituées, les nouvelles régies financières qu’ils ont créées pour la collecte des taxes permettant aux chefs de faire des parades et d’étaler leurs richesses volées.

Pendant ce temps, les petits soldats et les populations déchantent. Les revendications des premières heures sont oubliées. Les petits soldats recrutés pour les besoins du pillage et la population vivent dans la misère. Ils voient les grands chefs rouler carrosses. Ils organisent de grandes fêtes dans les boites de nuits et autres espaces réservés à cet effet pour satisfaire tous leurs instincts. Les maquis et autres champs de batailles sont bien loin. Gare à celui qui manifeste ? Ils ont droits de vie et de mort sur tout le monde. De l’autre côté, l’autre a la FESCI pour réguler l’espace scolaire et universitaire, eux aussi ont le comité des élèves et étudiants à cette même fin. Le comité peut mâter et pourchasser d’autres étudiants en toute impunité, avec toute la couverture qu’il faut à l’instar de la FESCI de l’autre côté, pourvu que les étudiants et élèves  la ferment et les laissent faire. Dans les zones sous leur contrôle, c’est eux la justice et la loi. Les populations doivent payer les taxes d’entretien de l’école et alimenter leurs caisses noires dans le silence. L’argent du pillage systématique n’est pas fait pour cela. Le silence est imposé par tous les moyens. C’est eux qui sont venus lutter après tout pour la démocratie comme l’autre l’a fait depuis 30 ans alors que tout le monde était assis. Ils ne peuvent donc accepter aucune critique de la part de qui que ce soit. Ils ne sont d’ailleurs pas dans le fétichisme des dates. Avant, les autres leurs fournissaient tous les arguments pour qu’ils fassent du blocage et gagner du temps afin qu’ils puissent piller dans le silence qu’ils ont imposé. Aujourd’hui, ils sont tous réunis. Ils se sont entendu sur l’essentiel c’est à dire la persistance de l’économie de guerre. Ils estiment être ceux qui ont pris les armes et qui ont lutté pendant 30 ans pour la démocratie au profit des populations. Celles-ci peuvent donc attendre le moment que les deux belligérants auront décidé de leurs données leurs papiers. Les revendications des premières heures ne sont que des lointains souvenirs.  De toutes les façons, s’ils ont pris les armes c’était pour le droit à la  carte d’identité. Tout le reste c’était du pipo. Les paysans eux peuvent continuer de s’entretuer à la campagne pour le droit à la propriété de la terre.  La constitution instaurant une sorte d’apartheid  dans le pays peut demeurer.

Les libertés, ils ont compris que c’est difficile de les donner aux peuples quand on sait qu’on a besoin de l’oppression pour régner et piller. Ils n’ont plus le temps de parler de tout cela. Leur alter ego peut prendre les médias publics en otage, organiser des visites d’Etat au lieu de financer les pans importants du processus électoral. Ils s’en foutent éperdument, leurs préoccupations actuelles, c’est le placement de leurs avoirs, fruits du vol et du pillage de leurs zones. Les ivoiriens n’ont pas dit qu’ils aiment nouveautés, ils en ont pour leur compte. Ils apprennent à leurs dépens que nul ne peut libérer son prochain à sa place. Ils ont donc intérêt à s’organiser avec leurs vrais amis et se mettre à lutter.

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